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TIME IS EVERYWHERE


Julien Pauthier / Projet pour une installation sonore
22-24 août 2014

Il y a maintenant quelques années, je réfléchissais à un moyen de créer une pièce sonore dont la durée ne pouvait être fixée, une pièce sans limite de temps. Il paraissait évident qu’une personne seule ne pouvait pas exécuter une telle proposition, seule l’informatique pouvait me permettre de réaliser cette pièce, mais en aucun cas je ne voulais qu’un programme joue tout seul. Il fallait que surviennent des éléments aléatoires, des événements non programmés, non réalisés par un être humain. C’est pourquoi j’ai tout de suite pensé au temps, à la météo, au climat. La météo permet à elle seule de regrouper tous mes souhaits.

La réalisation de cette installation s’exécute via une station météo dont les données (barométrie, vitesse du vent, température, direction du vent, quantité de lumière etc.) sont récupérées par un ordinateur qui traite ces dernières en temps réel et les transforme en onde sonore.

A partir de là quelques réflexions ont commencé à germer. Avec l’apparition des outils informatiques, la notion de temps réel s’est imposée. L’être humain, dans son souhait de rendre la technologie
à son image (technologie cognitive), pense ses recherches dans ce sens. Au fil du temps, les microprocesseurs calculent plus rapidement, le débit de données s’accroît, l’être humain est en
mesure de réaliser son objectif. Ainsi la technologie est en faculté de simuler l’instantanéité au sens physique du terme : “Je touche du doigt un objet, j’en ressens immédiatement son effet” (1.)
 Ces
recherches m’amènent à conclure que le temps réel n’est qu’un concept (2.) et ne peut exister, ce n’est qu’une sensation, car, très simplement, dès qu’il y a une vitesse il y a un déplacement, il y a
donc un temps, le temps de transfert des données. C’est d’autant plus évident en informatique que le débit de données est relatif aux éléments qui constituent l’ordinateur. Nous pouvons très facilement le constater à l’échelle universelle grâce au temps que parcours la lumière du soleil pour arriver jusqu’à nous.

De ce constat, je souhaite dépasser cette notion de temps réel pour simplement mettre en relation l’homme et son environnement. Au lieu de parler de temps réel, je préfère parler de la réalité du temps. Ici, il faut comprendre le terme ‘temps’ de deux manières.D’une part le temps qui passe, qui n’a pas de durée (c’est-à-dire : sans fin), indéterminée, indéfinie (3.), et d’autre part le temps au sens météorologique. Les recherches que je souhaite mener portent sur cette relation; l’influence sur le sonore de la météorologie ambiante. Composée de fréquences cette pièce retranscrit une image sonore des évènements chaotiques du climat et, dans l’absolu, n’a ni début ni fin.

Cette installation autonome se décompose en deux parties. D’une part un endroit stratégique doit être défini comme zone de captation des données de la station météo, ce lieu doit être assez significatif dans ce qu’il a d’inaccessible, de rudesse du climat ou d’un climat aux changements brusques.
La seconde partie est l’endroit de restitution de la pièce sonore.
 Le lieu de restitution de la pièce sonore est, pour le premier, le même que le lieu où est déposée la station météo. Le second est un endroit éloigné spécifiquement choisi pour retranscrire la pièce sonore. Il s’agit pour le dernier endroit d’une restitution en flux continu via le réseau internet. Dans ce projet, la mise en relation de la technologie et de la nature favorise le détachement de l’être humain par rapport à lui-même
et lui permet de mieux comprendre le rôle que peuvent avoir ces lois universelles sur son implication dans l’environnement.